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Pour inverser la tendance en matière de pollution plastique, un effort mondial audacieux est requis

04/24/2024

Fisk Johnson, Président-directeur général de SC Johnson, et M. Sanjayan, Directeur général de Conservation International, se sont associés pour expliquer dans une tribune publiée dans Newsweek pourquoi ils soutiennent un traité mondial sur les plastiques.

Quand on parle de pollution plastique dans les océans, la plupart des gens pensent à ce qui est visible : les bouteilles échouées sur le rivage, les sacs plastiques qui flottent à la surface. La présence croissante de microplastiques est beaucoup plus insidieuse. Les minuscules morceaux de plastique, invisibles à l’œil nu, se cachent dans des eaux immaculées, même dans les régions les plus éloignées du monde. Les microplastiques, et de plus en plus les nanoplastiques, ont un impact négatif sur la planète, sur la santé des animaux et sur la santé humaine. Nous sommes à un tournant décisif en matière de pollution plastique, mais il est encore possible d’inverser la tendance.

En ce moment même, des représentants de pays du monde entier se réunissent à Ottawa pour discuter et progresser dans les négociations d’un traité visant à minimiser les déchets plastiques, baptisé INC-4. En tant que défenseurs de l’environnement, scientifiques, plongeurs, partenaires de « The Blue Paradox » (une exposition dans un musée consacrée à la crise de la pollution plastique) et dirigeants engagés de Conservation International et de SC Johnson, nous croyons fermement à la nécessité d’une action mondiale.

On ne peut nier que le plastique nous a permis de réaliser des avancées technologiques incroyables. Des matériaux d’emballage légers et résistants, destinés à un usage quotidien, jusqu’aux équipements médicaux qui sauvent des vies, le plastique a profondément transformé nos vies, et ce, de manière positive. Cependant, le plastique représente un problème environnemental majeur à l’échelle mondiale, puisque près de 11 millions de tonnes se retrouvent chaque année dans la nature ou dans les océans.

En tant que plongeurs, nous avons exploré les eaux du monde entier et recherché des microplastiques dans les régions les plus reculées. De l’Arctique à la pointe sud de l’Amérique du Sud, en passant par le désert du Sahara, nous y avons trouvé des microplastiques. Les microplastiques, et de plus en plus de petits morceaux appelés nanoplastiques, affectent la vie marine d’innombrables façons, pénétrant même dans notre chaîne alimentaire. Étant donné que les produits de la mer constituent la principale source de protéines pour environ 3 milliards de personnes sur la planète, cela est alarmant. Des recherches ont déjà révélé la présence de microplastiques dans notre corps !

Pour progresser au rythme souhaité, une réglementation tant au niveau national qu’international est requise. Cela permettrait à l’ensemble des acteurs de la filière du plastique de travailler de concert en vue de réaliser des avancées concrètes à grande échelle.

Premièrement, nous sommes favorables à un traité mondial sur les plastiques, car certains problèmes et certaines solutions nécessitent une approche transnationale. Les océans n’ont pas de frontières. Les microplastiques sont partout.

Deuxièmement, la mise en place d’une infrastructure efficace de collecte des déchets contribuerait grandement à empêcher que les déchets plastiques se retrouvent dans l’environnement et dans l’océan. Pour les pays aux moyens limités, nous soutenons une aide financière et technique financées par les pays développés, visant à aider les pays en développement à améliorer leurs politiques en matière de gestion des déchets et de collecte de ceux-ci avant qu’ils ne se déversent dans les océans.

Troisièmement, il est nécessaire que chaque pays joue son rôle en mettant en place des mesures nationales solides, notamment par le biais de politiques telles que la Responsabilité élargie des producteurs (REP). Un traité juridiquement contraignant peut garantir la mise en œuvre de ces politiques. On trouve d’excellents exemples où la réglementation a porté ses fruits et où les taux de recyclage sont élevés.

Au Canada, où se tiennent les réunions de l’INC-4, le Québec applique une forme de responsabilité élargie des producteurs depuis environ deux décennies et affiche des taux de recyclage et de valorisation impressionnants. L’une des principales caractéristiques du programme québécois de Responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les contenants, les emballages et les imprimés est la présence de programmes de modulation écologique et de primes d’éco-conception, visant à encourager la conception de produits et d’emballages plus durables. Nous savons également qu’il est important que les programmes nationaux comportent des volets de sensibilisation et d’éducation afin que nous puissions tous comprendre les enjeux et les avantages d’agir.

Nous sommes à un tournant crucial. La pollution plastique a un impact négatif sur la santé de notre planète, des animaux et des humains. Nous souhaitons que les parties impliquées dans l’INC-4 prennent des mesures décisives pour établir un traité international sur les déchets plastiques, ce qui nous permettra de commencer à inverser cette tendance préoccupante. Nous les soutenons.

Le Dr Fisk Johnson, Président-directeur général de SC Johnson, et le Dr M. Sanjayan, Directeur général de Conservation International.

Initialement publié dans Newsweek.

Le docteur Fisk Johnson est le Président-directeur général de la société SC Johnson. SC Johnson est un fabricant mondial de produits d’entretien domestiques, de soins personnels, de soins pour bébés et de produits professionnels. Parmi les marques de SC Johnson, on trouve Windex®, OFF !®, Mr Muscle®, method®, Ecover® et bien d’autres encore. Fisk est un fervent défenseur de solutions concrètes en matière de durabilité, en particulier pour réduire les déchets plastiques.

Le Dr M. Sanjayan est un spécialiste de la conservation et il occupe le poste de Directeur général de Conservation International, une organisation qui œuvre principalement dans les pays du Sud en vue de préserver la nature au service de l’humanité. Sanjayan a rejoint Conservation International en 2014 comme Vice-président exécutif, et a été nommé Directeur général en 2017.