Dégradation : SC Johnson cherche à concevoir davantage de produits soutenant l’économie circulaire du plastique afin d’inverser la tendance en matière de microplastiques
L’un des plus petits éléments présents dans l’océan constitue l’un des plus grands enjeux environnementaux émergents. SC Johnson se concentre sur des mesures concrètes, comme la conception de produits favorisant la circularité du plastique, afin de réduire les déchets plastiques et d’éliminer une source courante de microplastiques.
L’exposition Blue Paradox (Le Paradoxe bleu) présentée au Musée des sciences et de l’industrie de Chicago est l’endroit idéal pour se plonger dans la crise du plastique dans les océans. Des projections numériques spectaculaires à 360 degrés, des technologies interactives et d’immenses murs d’information permettent de se rendre compte des dizaines de millions de tonnes de plastique qui se déversent chaque année dans nos océans. Se retrouver entouré d’un océan envahi d’énormes quantités de déchets plastiques, tels que des emballages alimentaires, des bouteilles d’eau et des sacs de courses, est une expérience saisissante.
Au départ, les scientifiques pensaient que les déchets plastiques océaniques flotteraient indéfiniment dans l’eau, sans but précis. Or, ce n’est pas le cas. Les déchets plastiques présents à la surface ne représentent qu’1 % de la quantité totale de plastique présente dans l’océan. En réalité, les déchets plastiques se dégradent constamment, ce qui signifie que même un objet aussi volumineux et flottant qu’une bouteille de lait finira par se fragmenter en minuscules morceaux qui couleront lentement vers le fond. Les fragments mesurant moins de cinq millimètres – et invisibles à l’œil nu – sont appelés « microplastiques ».
Hors de vue, mais très présents
Les microplastiques constituent une préoccupation majeure, car une fois dans l’environnement, ils peuvent persister pendant de longues périodes et s’accumuler dans les écosystèmes, créant ainsi des risques potentiels pour la faune sauvage et la santé humaine. Une analyse réalisée par le Fonds mondial pour la nature a révélé que les déchets plastiques ont déjà eu un impact négatif sur près de 90 % des espèces marines. De plus, lorsqu’ils pénètrent dans un cours d’eau, les microplastiques peuvent s’accumuler dans la chaîne alimentaire marine, y compris dans les poissons que les humains consomment.
Certains éléments indiquent que c’est déjà le cas. Une étude récente menée à Amsterdam a révélé des concentrations élevées de plastique dans le sang humain. Une autre étude, menée en Italie, en a trouvé dans le lait maternel humain. Une troisième étude, menée en Espagne, en a détecté dans les voies respiratoires inférieures des humains. Ce qui est encore plus inquiétant, c’est que l’on ignore encore combien de temps les microplastiques persistent dans notre organisme, ni s’ils y restent suffisamment longtemps pour causer des dommages.
Il s’avère pratiquement impossible d’éliminer les microplastiques déjà présents dans l’environnement : par définition, ces particules de plastique sont minuscules et très variées, et les zones où on les retrouve sont immenses. Nous pouvons toutefois essayer de les enrayer à la source en réduisant le flux de déchets plastiques rejetés dans l’environnement.
La voie à suivre : concevoir en intégrant l’économie circulaire
Selon les Nations Unies, la transition vers une économie circulaire pourrait réduire de plus de 80 % la quantité de plastiques se déversant dans les océans d’ici 2040. La Fondation Ellen MacArthur estime également que 80 % de l’impact environnemental d’un produit se détermine dès sa conception. Les entreprises ont donc tout intérêt à modifier leurs processus de conception et de fabrication afin de favoriser une économie circulaire.
SC Johnson a par exemple remplacé les recharges en sachets souples de son liquide vaisselle method® (composées d’un mélange de matériaux qui les rendait non recyclables) par des emballages rigides en PEHD largement tolérés par les programmes de recyclage. L’entreprise a également commencé à supprimer le plastique à base de noir de carbone de l’emballage emblématique Mrs. Meyers®, car les systèmes de tri optique utilisés dans de nombreuses usines de recyclage ne parviennent pas à distinguer le pigment noir présent dans ce plastique. Ces changements innovants améliorent la capacité de ces emballages à intégrer le circuit de recyclage plutôt que de finir en décharge.
Encourager les recharges et la réutilisation dans tous les segments de produits est un autre élément clé pour soutenir l’économie circulaire. Les recharges permettent d’éliminer jusqu’à 80 % de la consommation de plastique liée à l’achat d’un nouveau produit prêt à l’emploi. Et la réutilisation des gâchettes de pulvérisation, qui représentent plus de 30 % du poids de l’emballage, permettrait, selon les estimations, de réduire de 400 tonnes la consommation de plastique chaque année.
SC Johnson promeut depuis longtemps les recharges, une initiative lancée il y a près d’une décennie avec le concentré Windex® et qui s’est ensuite étendue aux marques Scrubbing Bubbles®, Mr Muscle® et bien d’autres. Les pulvérisateurs SC Johnson sont conçus pour permettre plus de 10 000 sprays, si bien qu’ils peuvent être rechargés et réutilisés des dizaines de fois. Cette volonté de permettre la réutilisation des bouteilles, des pulvérisateurs et des autres composants issus de produits achetés précédemment prolonge leur durée de vie au-delà d’une utilisation unique, évitant ainsi que du plastique supplémentaire ne finisse dans le flux des déchets.
Une raison d’être optimiste
Soyons clairs : pour faire face à la crise des déchets plastiques, il faut des changements systémiques qui vont bien au-delà d’une solution unique ou des efforts d’une seule entreprise. Le monde produit deux fois plus de déchets plastiques qu’il y a deux décennies, dont la majeure partie finit dans des décharges, est incinérée ou se répand dans l’environnement. À l’heure actuelle, seule une fraction du plastique produit est recyclée : environ 5 à 6 % aux États-Unis et près de 9 % dans le monde. Et si certains pays disposent de programmes de recyclage bien établis, beaucoup n’ont ni les ressources ni les infrastructures nécessaires pour gérer correctement les déchets plastiques. À l’instar de l’expérience « Le Paradoxe bleu », le fait d’être confronté à l’ensemble des défis à surmonter peut donner l’impression que sauver nos océans est une cause perdue d’avance.
Mais ce n’est pas le cas. Lorsque « Le Paradoxe bleu » a été présenté pour la première fois sous forme d’expérience éphémère à Londres en 2021, 97 % des participants sont repartis en déclarant qu’ils comptaient changer définitivement leur comportement. Cela témoigne d’un sentiment d’urgence croissant et d’une volonté d’agir. La responsabilité sociale des entreprises occupe une place de plus en plus centrale pour les entreprises et les distributeurs. Les gouvernements subissent une pression accrue pour agir. Et les consommateurs s’impliquent davantage et se montrent plus réceptifs aux changements nécessaires pour réduire les déchets.
Tout cela est source d’un optimisme considérable, car il faudra que les entreprises, les pouvoirs publics et les particuliers unissent leurs forces pour empêcher le plastique de polluer nos océans et nos cours d’eau. Il faut commencer par réaliser des progrès significatifs grâce à des mesures concrètes, qui contribueront grandement à endiguer le flux de microplastiques qui envahissent nos océans et nos cours d’eau.